Livret A plafond atteint : que faire de l'argent en plus
Le Livret A affiche 22 950 euros, son plafond de versement, et refuse tout nouveau dépôt. L'argent qui continue d'arriver chaque mois doit désormais trouver une autre destination. Voici comment le placer sans le laisser dormir sans intérêt sur un compte courant.
Sommaire de l’article
Ce qui se passe réellement une fois le plafond atteint
Le plafond de 22 950 euros concerne uniquement les versements cumulés effectués par le titulaire, pas le solde total du livret. Les intérêts déjà générés continuent de s’ajouter au capital au-delà de cette limite, et ces intérêts capitalisés produisent eux-mêmes de nouveaux intérêts les années suivantes, sans plafond sur ce mécanisme précis. Un Livret A peut ainsi afficher un solde supérieur au plafond nominal, uniquement grâce à l’accumulation des intérêts dans le temps.
En revanche, toute tentative de nouveau versement au-delà du plafond de versements est automatiquement refusée par la banque. L’argent supplémentaire doit alors être placé ailleurs, faute de quoi il reste sur un compte courant non rémunéré, ce qui représente une perte de pouvoir d’achat certaine face à l’inflation.
La première étape : le LDDS
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) constitue la solution la plus naturelle une fois le Livret A plein, car il partage exactement le même taux de rémunération et la même exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Son plafond, fixé à 12 000 euros, permet d’ajouter une capacité d’épargne défiscalisée supplémentaire sans complexité ni risque particulier.
L’ouverture d’un LDDS reste simple et gratuite dans la plupart des banques, souvent en quelques clics depuis un espace client déjà existant. Cette étape complémentaire porte la capacité totale d’épargne réglementée défiscalisée à plus de 34 000 euros pour une personne seule, et le double pour un couple disposant chacun de ses propres livrets.
| Support | Plafond | Fiscalité | Disponibilité |
|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € | Exonéré | Immédiate |
| LDDS | 12 000 € | Exonéré | Immédiate |
| Livret bancaire classique | Aucun plafond légal | Imposé | Immédiate |
| Fonds euros (assurance vie) | Aucun plafond légal | Selon durée de détention | Sous quelques jours |
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Au-delà des livrets réglementés
Une fois le LDDS lui aussi plafonné, plusieurs options s’offrent selon l’horizon de placement visé. Pour une épargne de précaution qui doit rester disponible à tout moment, un livret bancaire classique, fiscalisé mais sans plafond légal, prend le relais. Son rendement reste généralement inférieur à celui du Livret A, sauf offre promotionnelle temporaire proposée par certaines banques en ligne pour attirer de nouveaux clients.
Pour une épargne un peu plus longue, le fonds euros d’un contrat d’assurance vie garantit le capital investi tout en offrant un rendement souvent proche de celui des livrets réglementés, avec un avantage fiscal qui s’active après 8 ans de détention du contrat. Un compte à terme, qui bloque les fonds pour une durée fixée à l’avance (souvent entre 6 mois et 5 ans), offre en contrepartie un taux garanti généralement supérieur à celui d’un livret disponible sans condition.
Placer un surplus d’épargne au-delà du Livret A
- Ouvrir un LDDS si ce n’est pas déjà fait. Compléter la capacité d’épargne défiscalisée immédiatement disponible.
- Définir l’horizon de l’argent restant. Distinguer une épargne de précaution d’une épargne de plus long terme.
- Comparer les taux du moment. Vérifier les offres de livrets bancaires et de comptes à terme, qui évoluent régulièrement.
- Envisager une assurance vie en fonds euros. Pour un horizon de plusieurs années, avec un avantage fiscal après 8 ans.
- Éviter de laisser l’argent sur un compte courant. Ne pas repousser la décision, même de quelques semaines, au-delà du nécessaire.
Choisir selon son profil et son horizon
Le choix du support suivant dépend avant tout de la probabilité de devoir mobiliser cet argent à court terme. Une épargne de précaution destinée à couvrir un imprévu (réparation, perte de revenu temporaire) doit rester sur un support disponible immédiatement, quitte à accepter un rendement plus modeste. Une épargne dont l’horizon dépasse plusieurs années, sans besoin de liquidité immédiate identifié, peut viser un rendement plus élevé via des supports moins liquides ou légèrement plus risqués.
Le cas du Livret Jeune et du LEP
Pour les personnes de 12 à 25 ans, le Livret Jeune offre un taux souvent supérieur à celui du Livret A, avec un plafond plus modeste fixé à 1 600 euros, sans les versements. Ce livret, cumulable avec le Livret A et le LDDS, mérite d’être vérifié en priorité pour les jeunes actifs ou étudiants qui n’en disposent pas encore, avant de se tourner vers des supports fiscalisés.
Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux foyers dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond révisé chaque année, offre généralement le taux le plus avantageux parmi tous les livrets réglementés, avec un plafond de versement fixé à 10 000 euros. Vérifier son éligibilité au LEP avant de se tourner vers des solutions moins rémunératrices, en particulier pour les foyers aux revenus modestes ou moyens, permet souvent de gagner un point de rendement non négligeable sur cette tranche d’épargne.
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Combiner plusieurs supports selon les objectifs
Il est rarement optimal de placer tout le surplus sur un seul support une fois les livrets réglementés remplis. Répartir l’épargne entre plusieurs enveloppes selon des horizons différents, une partie disponible immédiatement sur un livret bancaire, une autre engagée sur un fonds euros pour un horizon de plusieurs années, permet de concilier disponibilité et rendement plutôt que de sacrifier systématiquement l’un pour l’autre.
Cette approche par horizon, plutôt qu’une décision unique appliquée à tout le surplus, s’adapte aussi plus facilement aux besoins qui évoluent dans le temps : un objectif d’achat immobilier à moyen terme, par exemple, appelle un support différent d’une épargne de précaution pure ou d’un projet de retraite à très long terme.
Le cas particulier de l’assurance vie
Ouvrir un contrat d’assurance vie, même avec un versement initial modeste, permet de faire courir dès maintenant le délai fiscal de 8 ans qui donne accès à un abattement annuel sur les gains lors d’un retrait. Cette antériorité fiscale reste acquise même si les versements ultérieurs sont espacés dans le temps, ce qui en fait un outil à ouvrir tôt, y compris avec de petites sommes, pour en tirer parti pleinement le moment venu.
Pour une épargne réellement excédentaire et disponible sur le long terme, diversifier au-delà des seuls fonds euros, vers des unités de compte plus dynamiques mais non garanties, mérite d’être envisagé avec un conseiller, en fonction de la tolérance au risque et des objectifs patrimoniaux du foyer. D’autres pistes pour organiser son épargne permettent d’affiner cette stratégie selon la situation de chacun.
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